Live report : Chthe'ilist & Funebrarum @ Kill-Town Death Fest by Thrashocore Webzine

Updated: Jun 19

Via Thrashocore Zine : "Revenu d’entre les morts l’année dernière pour une édition de la résurrection particulièrement savoureuse, le Kill-Town Death Fest a décidé de ne pas s’arrêter en si bon chemin et ainsi de poursuivre son travail d’excellence avec une édition 2019 prévue, comme à l’accoutumée, début septembre histoire de terminer les vacances en beauté et d’attaquer la rentrée sur les meilleures bases possibles. En attendant, si l’affiche a pu paraître moins extraordinaire à bon nombre d’entre nous, elle ne réservait pas moins d’excellentes surprises pour autant avec par exemple le premier concert d’ABHORRENCE en dehors de Finlande en 30 ans, le retour d’IGNIVOMOUS après 10 ans d’absence en Europe, la première venue dans nos contrées de groupes comme CHTHE’ILIST, BLACK CURSE, TRANSGRESSOR ou TOMB MOLD et quelques one-shot particulièrement attendus comme ceux d’ANTEDILUVIAN, ADVERSARIAL, ANATOMIA, MITHOCONDRION ou VASTUM et puis encore tout un tas de bonnes surprises donnant toujours autant d’intérêt à ce festival : le retour de NECROVATION sur les planches dont le dernier concert remontait tout de même à 2014, le premier concert d’ABYSMAL DIMENSIONS dans lequel on retrouve des membres de Blood Incantation, Scolex et Spectral Voice, le set 100% old school de GRAVE, etc. Autant d’arguments qui ne pouvaient que signifier mon retour dans l’un des festivals les plus "chill" que je connaisse malgré un rythme sacrément costaud à tenir puisqu’en ce qui me concerne j’aurai vu 39 des 40 groupes proposés sur ces quatre jours. Allez, hop, c’est parti.

(AxGxB)


L'édition 2018 du Kill-Town Death Fest, celle de la Résurrection, avait été une telle réussite et une telle succession d'orgasmes auditifs que ma venue en 2019 ne faisait que peu de doutes à peine ma valise défaite en septembre dernier. L'annonce, dès le 1er janvier, de la tenue de l'édition qui nous préoccupe aujourd'hui, répondant au doux nom de THE DECOMPOMORPHOSIS, et la vente des pass quelques jours plus tard, ne furent pas seulement un franc succès, mais ont rapidement tourné au plébiscite, avec un sold-out en quelques heures. Pas mal pour un "petit" festival, dans un "petit" pays, spécialisé dans un genre musical "mal aimé" avec des affiches pointues, voire confidentielles. Les sept cents heureux détenteurs du précieux sésame ont aveuglément fait confiance à Killtown Bookings puisque le line-up ne fut révélé qu'au compte-gouttes, un groupe par jour pendant quarante jours, et ce, une fois les pass écoulés.


Après un premier séjour à Fredericia en juillet dernier à l'occasion du METAL MAGIC FESTIVAL, en mode détente, version Les Bronzés, le soleil en moins, me voici de retour au Danemark, cette fois dans la version 127 Heures à Copenhague. Non pas que je sois repartie un bras en moins, mais le Kill-Town Death Fest est loin d'être une promenade de santé, mais plutôt une épreuve d'endurance physique pour qui souhaite en profiter pleinement. Au regard du menu concocté par le chef étoilé Daniel Abecassis et sa brigade, il serait dommage de ne pas goûter à chacun des mets proposés, quitte parfois à perturber ou fatiguer ses papilles, mais surtout à les satisfaire !


Jugez plutôt des agapes putrides du millésime 2019 :

- quarante groupes de Death Metal, de l’old-school au Black/Death en bifurquant par le Funeral Doom,

- quatorze nationalités représentant quatre continents (mais aucune formation française...),


- vingt-et-une exclusivités : première européenne, one-off ou encore première prestation tout court !

Vos humbles serviteurs vous ont déjà planté le décor et donné les principales informations pratiques lors du report de la précédente édition, je n'y reviendrai pas, d'autant qu'il n'y a pas de changements notables depuis l'an dernier.

Après m’être fait saucée en visitant Christiania et Nyhavn au pas de course un peu plus tôt dans la journée, je rejoins le centre-ville juste à temps pour la pose bracelet et le début d’un long week-end dans les obscures entrailles du Pumpehuset.

(ERZEWYN)



KEVER - 17h00-18h00 (Black Stage) :


Remarqués en 2014 grâce à la sortie de leur premier EP sur le label de Matt Calvert, les Israéliens de KEVER n’étaient jusque-là jamais venus nous rendre visite en Europe. Si je n’ai pas encore posé mes oreilles sur leur dernier EP sorti pourtant l’année dernière, j’étais malgré tout impatient de les rencontrer sur scène. Cependant, je ne vous cacherais par que j’avais tout de même quelques appréhensions vis-à-vis notamment de la qualité du son qui, longtemps irréprochable lorsque le festival se tenait encore à Ungdomshuset, c’était montrée l’année dernière bien moins convaincant dans l’ensemble. Heureusement, ce point a semble-t-il été revu puisque cette année et en ce qui me concerne, j’ai trouvé le son très bon même si, notamment sur la Black Stage, certains instruments comme la batterie avaient la fâcheuse tendance à occuper un peu trop d’espace au détriment des sacro-saintes guitares. Bref, revenons-en à KEVER qui n’a pas démérité une seule seconde dans cette mission consistant à débuter cette édition 2019. Plutôt discrets sur scène, les quatre Israéliens (le line-up a été quelque peu remanié depuis la sortie de Eon Of Cycling Death) vont livrer un set extrêmement efficace grâce à ce Death Metal sombre qui doit beaucoup à un certain Morbid Angel. Pas de surprise ni d’artifice quelconque mais une mise en bouche appliquée, puissante et immersive faite en grande partie à l’aide de ces nouveaux morceaux que je ne connaissais pas ("Lords Of Karma
", "Back From The Netherworld
", "Act Of Oblation" et "The Ceremony"). Il ne m’en faudra en tout cas pas davantage pour que j’aille acheter ce dit EP vendu sur les quelques tables de merchandising présentes dans la Black Stage.

(A)


Le bal des exclusivités commence avec les Israéliens de KEVER qui se produisaient pour la première fois en dehors de leur pays. KEVER propose un old-school Death Metal de belle facture, aux subtils relents morbidangeliens, assez flagrant sur un titre comme Desolation of Mankind. Avec une setlist logiquement axée sur leur dernier EP sorti en 2018 Primordial Offerings, la prestation, sans être démente, est plus qu'honorable : il leur manque certainement un peu d'expérience de la scène, car seul le bassiste me semblait très à l'aise. Autre petit bémol, j'ai trouvé le growl un peu quelconque et bien moins puissant que sur piste. L’ensemble reste toutefois plaisant, le set idéal pour se mettre en jambe.


Setlist :

01. Lords Of Karma

02. Desolation Of Mankind

03. Back From The Netherworld

04. Act Of Oblation

05. Under Dark Eclipse

06. The Ceremony

(E)



CHTHE’ILIST - 18h00-19h00 (Main Stage) :


Alors là, autant vous dire que j’étais sacrément impatient de voir les Canadiens de CHTHE’ILIST à l’œuvre sur la Main Stage. Et à en juger par l’affluence, il était évident que je n’étais pas le seul. Visuellement, aucun changement à signaler dans cette grande salle située à l’étage puisque l’on retrouve ce gigantesque backdrop avec le logo du Kill-Town Death Fest imaginé par le grand absent du week-end, monsieur David "Torturdød" Mikkelsen ainsi que cette barrière longeant la scène entre la batterie et les musiciens au premier rang pour donner l’illusion d’un cimetière. Malgré un an d’abshence, on se sent à Pumpehuset un peu comme à la maison avec des repères qui n’ont pas du tout changé (la Black Stage avec ces mêmes pierres tombales en bois jonchant encore une fois la scène). Réglé comme du papier à musique, le set des Canadiens va débuter pile poil à l’heure (comme tous les autres sets durant ces quatre jours exténuants) et finir complètement de me rassurer sur les progrès réalisés cette année en matière de sonorisation. D’emblée, on se prend ainsi une énorme savate dans la tronche avec ces guitares massives et cette batterie qui n’a de cesse de nous écraser. Phil Tougas, plus enthousiaste que jamais, ne cesse de bouger dans tous les sens, faisant au passage voler sa crinière tout en nous gratifiant de ces riffs les plus tordus et complexes mais aussi de ces solos particulièrement prenants. Laurent Bellemare, chanteur live présent dans les rangs de CHTHE’ILIST depuis l’année dernière, n’est pas en reste et fait lui aussi très bonne impression grâce à son growl caverneux et son charisme évident. Quant aux autres musiciens plus en retrait (mention spéciale au bassiste Antoine Daigneault et son t-shirt Violent Dirge), ces derniers ne déméritent pas pour autant et font preuve de tout autant de talent. Passant naturellement en revue une bonne partie des titres de son premier album (et les samples qui vont avec), le groupe nous régale de son Death Metal si particulier aux accents techniques évidents (Timeghoul et Demilich en tête) et au groove absolument irrésistible. Le public ne s’y trompe pas et on sent que les têtes commencent sérieusement à suivre la cadence imposée par un groupe qui, malgré son stress avoué, s’est montré absolument impeccable de bout en bout, nous offrant au passage, et cela dès le deuxième set du festival, l’un des grands moments de cette édition 2019. Si tous les concerts s’annoncent du même acabit, il va être compliqué de tenir le rythme...

(A)


Comment ne pas avoir une pensée pour DEMILICH qui se produisait ici même l’an dernier en entendant les premiers accords de CHTHE'ILIST ? Les Canadiens ont pour sûr marqué les esprits pour leur toute première performance en Europe avec leur weird Death Metal, une bonne dose d’agressivité et de modernité en plus par rapport à leur muse finlandaise. Ils ont retourné la Mainstage pendant quarante minutes, écrasant le public de leur puissance à grands renforts de riffs lugubres, de basse claquante et de cymbales virevoltantes. Impressionnants de maîtrise technique et d’assurance, à l’instar de son chanteur, infaillible patron sur scène, tantôt les deux mains sur le micro, coudes relevés et la tête renversée, tantôt les deux mains sur les genoux, faisant tournoyer son opulente chevelure. Enorme travail des ingés du Pumpehuset, ayant su proposer un son surpuissant mais limpide, et un showlight sublime en une succession de couleurs pétantes (rose, vert, bleu, violet) parfaitement raccord avec le propos musical. La seule difficulté reste de headbanguer en rythme, j’y ai renoncé rapidement... Enorme !

(E)



LUCIFERICON - 19h00-20h00 (Black Stage) :


Bien qu’il soit sorti sur le label irlandais Invictus Productions, je suis complètement passé à côté du premier album de ces Néerlandais. D’ailleurs je ne sais rien d’autre à leur sujet et c’est donc vierge de toutes attentes que je prends place devant la Black Stage afin d’en avoir le cœur net. A première vue, les Hollandais semblent avoir de la bouteille puisqu’en effet, les quatre garçons qui composent LUCIFERICON paraissent un peu plus âgés que la moyenne. Renseignement pris, on trouve dans les rangs de la formation l’un des deux guitaristes de Pentacle ainsi que Rob Reijnders qui a brièvement officié il y a de cela une quinzaine d’années dans les rangs de Deströyer 666. Bien loin d’un CHTHE’ILIST, LUCIFERICON joue la carte d’un Death Metal beaucoup plus classique et davantage porté sur les mid-tempos. Du coup, on perd évidemment en intensité ce que l’on gagne à l’inverse en atmosphère. Sombre, menaçant et porté sur des thèmes occultes, le Death Metal de LUCIFERICON ne fait pas du tout rigoler et impose plutôt le respect face à ces riffs particulièrement pesants. Bien entendu, ce dernier ne rechigne pas à accélérer la cadence et lorsqu’il le fait, le public n’hésite pas à marquer le coup à sa manière en s’agitant avec davantage de vigueur malgré encore une certaine retenue. En attendant, le son ne souffre d’aucun défaut particulier alors que les compositions se montrent suffisamment intéressantes et hypnotiques pour nous tenir en éveil durant ces quarante minutes plutôt convaincantes. A voir ce que tout ça donne sur disque mais pour le moment, LUCIFERICON a réussi à capter mon attention. A confirmer donc.

(A)



Je n’avais pas d’attente particulière de la part de LUCIFERICON, formation néerlandaise de Blackened Death Metal : je trouve leur album Al​-​Khem​-​Me assez quelconque et ne suis vraiment pas fan de la voix, encore moins en live. Leur performance ne m’a ni déçue, ni enthousiasmée. Ce n’était pas vilain, mais plutôt plan-plan, voire légèrement ennuyeux. Je retiendrai quand même le titre Sevenfold, morceau bien plus inspiré que la moyenne, avec une chouette atmosphère, très lent, aux riffs redondants et entêtants. Je ne les remercie pas d'avoir truffé leur setlist papier de conneries, les titres ont subi de légères transformations avec des jeux de mots plus ou moins pourris, dont les plus marquants sont ci-après reproduits, pour s'y retrouver, merci bien !


Setlist :

01. Witch Of The Cosmic Grave (aka Bitch In The Comic Cave)

02. The Temple Of Lucifericon

03. Succubus Of The 12th Aether (aka Suc Le Bus A Douze Aether)

04. Zsin-Niaq-Sa

05. Inside The Serpent's "I".

06. Intrinsic Being

07. Azathoz : The Alpha & Omega Of Zoa-Azoa (aka Trey Azathoz)

08. Sevenfold
. Brimstone Altar

(E)



CORPSESSED - 20h00-21h00 (Main Stage) :


En vérité, je n’étais pas particulièrement excité ni impatient à l’idée de retrouver CORPSESSED que j’avais vu pour la dernière fois au Netherlands Deathfest début 2017. J’en gardai pourtant un bon souvenir (malgré une grande scène qui ne leur convenait peut-être pas tout à fait) mais je ne sais pas, peut-être y avait-il un petit goût de déjà vu/déjà entendu... Eh bien le moins que l’on puisse dire c’est que les cinq garçons originaires de Järvenpää on eu vite fait de me rappeler à l’ordre avec une prestation que je n’attendais pas à un tel niveau. Profitant d’un son extrêmement puissant (et d’une scène davantage taillée à leur mesure), CORPSESSED va littéralement écraser le public durant près de trois quarts d’heure avec son Death Metal mid-tempo aux accélérations destructrices. Une force de frappe implacable qui va rendre naturellement toute résistance absolument futile. Comme à l’accoutumée, Niko Matilainen ne donne pas du tout envie d’aller s’y frotter tant il se dégage du personnage une espèce de haine prête à exploser. Pourtant, la tension retombe systématiquement entre chaque morceau mais lorsqu’il est dedans, il s’en dégage quelque chose de fort et de terriblement animal (pas de fracassage de micro sur le crâne cela dit). Du coup, même si la setlist réserve assez peu de surprise, je prends un plaisir incroyable face à ces riffs typiquement finlandais qui vous tombent ainsi sur les épaules ou bien face à ces accélérations aussi redoutables que jouissives. Et à en juger par ce qui se passe autour de moi, je ne suis pas le seul à estimer la prestation de CORPSESSED particulièrement mémorable. Le groupe nous réservera néanmoins une petite surprise en fin de parcours avec une reprise du groupe de Death/Grind Lakupaavi introduite à juste titre par un petit speech sur la mort du skieur Matti Ensio Nykänen survenue en début d’année et vécue par les Finlandais comme un drame national. Pourquoi à juste titre ? Eh bien tout simplement parce que cette reprise s’intitule "Vapauttakaa Matti Nykänen"... Un morceau expédié en moins d’une minute (que l’on trouve à la base sur le split cassette avec Undergang et Solothus paru sur Extremely Rotten Productions), chose tout à fait inédite pour CORPSESSED habitué à des formats plus étirés. Ce premier jour commence décidément très fort. Le seul truc c’est qu’il reste encore trente-six groupes...

(A)


Le dernier album de CORPSESSED, Impetus of Death, sorti en 2018, n’avait pas retenu mon attention plus que ça. Je n’y revenais pas souvent et avec peu d’entrain, d’autant que je gardais un souvenir mitigé de leur prestation au NETHERLANDS DEATH FEST 2017. C’est pourtant les Finlandais qui me réservent la première excellente surprise du festival, avec une prestation de haute volée, bourrine à souhait, sans répit pour mes pauvres cervicales déjà endolories par mes tentatives désespérées sur CHTHE’ILIST. Encore une fois, les ingés ont sorti l’artillerie lourde avec un son de malade et des lights à dominante verte de toute beauté. Niko Matilainen, frontman au growl abyssal, a retrouvé une voix humaine lorsqu’il a rendu hommage à Matti Nykänen, athlète finlandais de saut à ski qui vient de disparaître. Il semble que ce décès soit ressenti comme une tragédie nationale. Le cadavre se savoure donc dans une version bien vivante, avec un set en mode Destop : le décrassage, que dis-je, le décapage des oreilles, check !

(E)



ADVERSARIAL - 21h00-22h00 (Black Stage) :


Du coup, retour dans la foulée devant la Black Stage pour assister à la prestation des Canadiens d’ADVERSARIAL que je n’avais encore jamais vu (comme à peu près tout le monde ici présent j’imagine) et que d’ailleurs j’ai toujours soigneusement évité sur disque. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. Sûrement les chroniques assez mal notées de Keyser et l’idée que je m’en faisais, à savoir celle d’un groupe de Death Metal mid-tempo pataud sans grand intérêt. Sauf qu’en fait, ADVERSARIAL n’a rien d’un groupe de ce genre et cela je vais très vite m’en rendre compte. Arrivé sur scène sous les cris (mesurés hein, c'est pas Taylor Swift non plus) de liesse d’un parterre bien décidé à en découdre (ou plutôt à en prendre plein la tronche), les Canadiens vont tout annihiler en l’espace de quelques secondes grâce à un Black/Death suffocant et particulièrement intense rappelant notamment ses compatriotes d’ANTEDILUVIAN. Pendant une grosse demi-heure, le groupe va ainsi enchaîner les punitions auditives sans jamais ralentir la cadence, mené de front par un chanteur/guitariste trapu et encapuchonné bien décidé à faire imposer le respect. Autant vous dire qu’avec une telle force de frappe, nous n’avons pas vraiment eu d’autres choix que de ployer le genou et courber l’échine en signe de reddition. ADVERSARIAL nous a offert une prestation tout en sauvagerie qui n’aura pas manqué de marquer les esprits de tous ceux ayant assisté à la messe. Quelle branlée !

(A)


Il fallait bien que ça arrive : avec une capacité de quatre cents places dans la petite salle (Black Stage) pour sept cents festivaliers, je savais que j’aurai régulièrement des difficultés à établir un contact visuel avec la scène. Ce fut le cas avec ADVERSARIAL, dont je n’ai rien vu du tout, si ce n’est cette lumière rouge fixe au-dessus des musiciens. On ne va pas se mentir, la musique des Canadiens n’est pas la plus aisée à appréhender, un peu comme si des autistes Asperger se mettaient au Black/Death, faisant jaillir leurs idées dans tous les sens, et s’étonnent que l’auditoire ne les comprenne pas. Quand on s’immerge dedans, c’est carrément génial, une déferlante de sauvagerie (ça brasse bien dans le pit et on voit les premiers slams du week-end), mais une seconde d’inattention et la porte se referme. Le résultat est finalement assez conforme à la version studio, ce qui est en soi une réussite pour cette unique date européenne de l’année.

(E)



ABHORRENCE - 22h00-23h00 (Main Stage) :


Si on m’avait dit un jour que j’aurai la chance d’assister à un concert des Finlandais d’ABHORRENCE, je ne l’aurai sûrement pas cru. Mais les temps ont changé et désormais les reformations de groupes plus ou moins cultes pourtant morts et enterrés depuis des années sont des choses qui arrivent bien plus souvent qu’à une certaine époque. Toujours est-il que les organisateurs du Kill-Town Death Fest nous ont concocté ici une bien belle surprise avec, s'il vous plaît, le tout premier concert d’ABHORRENCE en dehors de sa Finlande natale depuis trente ans. Et oui, quand même ! Du coup, il y a évidemment foule devant la Main Stage pour assister à ce concert que beaucoup attendait avec impatience. ABHORRENCE arrive ainsi sur les planches de la Main Stage sous les applaudissements d’un public reconnaissant à juste titre la singularité de cet événement. Il en va de même pour chacun des cinq membres du groupe qui laisse également transparaître une certaine satisfaction ou en tout cas un véritable enthousiasme à se trouver ce soir sur les planches, notamment Jukka Kolehmainen et ses jolis favoris et Jussi Ahlroth et sa moustache rutilante. Une énergie communicative pour un set qui va particulièrement bien commencer avec trois anciens morceaux laissant en effet entrevoir un groupe en pleine maîtrise de ses moyens. Presque trente années ont passé depuis la sortie de sa première démo mais ABHORRENCE n’a rien perdu de son charme. Il est même d’ailleurs vraiment bluffant de constater à quel point le groupe reste pertinent encore aujourd’hui avec ces vieux titres exécutés d’une main de maître. Ceci étant dit, cette pertinence a tout de même quelques limites puisque en guise de quatrième morceau, les Finlandais vont nous sortir un "Anthem For The Anthropocene" issu de son nouveau EP paru l’année dernière sur Svart Records et pour lequel je n’ai pas beaucoup de sympathie. Outre cette rythmique au groove typique de certaines productions modernes sans grand intérêt, il y a ce refrain particulièrement irritant à base de "Iä! Iä!"... Mouais, je reste sceptique face à ces quelques morceaux plus récents que le groupe va nous interpréter même si la qualité du son rend la chose acceptable. En attendant, ce n’est clairement pas sur ces compositions que je prends le plus mon pied mais bien sur ceux tirés de la démo Vulgar Necrolatry et du EP éponyme parus entre 1990 et 1991. Une setlist aux petits oignons qui, si je ne dis pas de bêtises, va passer en revue la quasi-totalité de cette courte discographie (manque "Devourer Of Souls") qui se résume finalement à une petite dizaine de titres. En attendant, je ne cache pas mon plaisir d’entendre sur scène et parfaitement exécutés les excellents "Pestilential Mists", "Disintregration Of Flesh", "Caught In A Vortex" et bien entendu l’excellent "Vulgar Necrolatry". ABHORRENCE nous gratifiera également d’une excellente reprise de "Fœtal Mush" de ses compatriotes de Xysma, pionniers du genre. Autant vous dire que tout le monde était évidemment ravi de ce petit clin d’œil bien senti. Alors ouais, c’était cool et franchement on pourra dire ce que l’on veut sur les reformations notamment concernant leur pertinence sur scène ou sur disque, en attendant quand un groupe se donne autant les moyens d’y arriver (en tout cas ce soir ce fût le cas), et bien le résultat est largement à la hauteur des espérances et cela malgré ces titres plus récents bien moins convaincants.

(A)


Près de trois décennies sans avoir joué en dehors de la mère patrie pour ABHORRENCE ! L’émotion des Finlandais est perceptible lors de leur arrivée sur scène, mais le trac est rapidement dissipé devant le fervent accueil que leur réserve le public : ils trouvent rapidement leurs marques et s’approprient avec beaucoup de naturel la Mainstage. Les darons finlandais en ont encore sous la pédale et prennent autant de plaisir que leurs fans qui s’agitent dans la fosse, notamment sur la cover de XYSMA. J’imagine qu’une bonne partie du public espérait un set exclusivement old-school, mais c’est de bonne guerre, ABHORRENCE en a profité pour interpréter en intégralité son dernier EP, Megalohydrothalassophobic, sorti en 2018, même s’il faut bien avouer que les anciennes productions, tout en sécheresse et rigidité typiquement finlandaises, avaient une toute autre saveur. Pari gagné pour ce retour de nulle part, la prestation est réussie, le plaisir est contagieux, le son est très bon et le groupe longuement acclamé.


Setlist :

01. The Cult

02. Pestilential Mists

03. Disintegration Of Flesh

04. Anthem Of The Anthropocene

05. Pleasures Of Putrid Flesh

06. The Four Billion Year Dream

07 .Holy Laws Of Pain

08. Hyperobject Beneath The Waves

09. Caught In A Vortex

10. The End Has Already Happened

11. Foetal Mush (Xysma Cover)

12. Vulgar Necrolatry

(E)



SUFFERING HOUR - 23h00-00h00 (Black Stage) :


Bon, n’y allons pas par quatre chemins, SUFFERING HOUR fût en ce qui me concerne la seule véritable déconvenue de tout le festival. J’avais évidemment de fortes attentes vis-à-vis de ce groupe qui m’avait pris par surprise avec un premier album rondement mené mêlant les dissonances d’un Deathspell Omega à un Death Metal caverneux plus académique. Malheureusement les choses ne vont pas se passer tout à fait comme prévu. En fait, si j’avais assisté à la prestation des Américains sans savoir qui ils étaient, j’aurai surement apprécié le set délivré en ce jeudi soir par SUFFERING HOUR. Le problème est que je savais à qui j’avais à faire et je savais ce que je voulais entendre. Sauf qu’il en a été tout autrement. Où sont ainsi passées toutes ces dissonances et ces subtilités qui font l’identité du Black/Death de SUFFERING HOUR ? Impossible de le savoir mais elles figuraient malheureusement parmi les grandes absentes de cette prestation pourtant livrée avec conviction et intensité par un jeune trio peut-être pas suffisamment expérimenté par l'exercice du live. Une seule guitare n’était peut-être pas non plus suffisante, d’autant que le monsieur a eu pendant un moment quelques soucis techniques obligeant le groupe à continuer alors sans lui. Parfois, certaines de ces dissonances et subtilités ont fait étrangement leur réapparition mais jamais pour très longtemps. Dommage surtout qu’encore une fois, le set n’était pas mauvais du tout avec un batteur des plus volontaires et un chanteur s’amusant à changer de micro en fonction de l’intonation à donner, plutôt Black ou plutôt Death. Un set qui va donc me rester un peu en travers de la gorge.

(A)


MIDNIGHT ? Non ! SUFFERING HOUR pour la toute première fois en Europe ! Le trio américain a adopté la même panoplie et la même attitude que leurs compatriotes : capuches, cartouchières et attitude bien vénère. Perchée en haut de la volée de marche (chouette spot quand on parvient à y accéder et trouver le bon angle de vue), je surplombe la Black Stage et savoure leur Blackened Death violent, hargneux et délicieusement dissonant à la fois, l’excellent travail de l’unique guitariste restituant à la perfection l’ambiance lugubre, sauvage, mais néanmoins mélancolique de In Passing Ascension. Le set fut dense et captivant à souhait, mon coup de cœur de la journée, assurément !

(E)



GRAVE - 00h00-01h00 (Main Stage) :


Si j’aurai bien évidemment aimé voir Dismember au Kill-Town Death Fest, il était tout de même peu probable que les organisateurs aient la capacité financière de les accueillir. Et surtout, le Scandinavian Death Fest avait déjà mis la main dessus pour un contrat exclusif empêchant toute autre date en Europe en 2019. Du coup, ça n’a pas bronché du côté de Copenhague qui pour l’occasion est allé nous chercher un autre patron de la scène scandinave du début des années 90 en la personne de GRAVE. Bien sûr, le groupe n’a aujourd’hui pas tout à fait la même aura qu’un Dismember bien plus rare sur les planches puisque tout juste reformé, mais quand même, il faudrait être sacrément blasé pour ne pas apprécier le Death Metal à l’ancienne d’Ola Lindgren et sa bande. D’autant que le set de ce soir est un set old school axé uniquement sur les premières démos de GRAVE ainsi que sur son premier album mythique sorti en 1991 comme ils l’avaient d’ailleurs déjà fait au Netherlands Death Fest en 2018. Efficace et parfaitement rôdé, le set des Suédois ne souffre d’aucun défaut particulier. Seules les poses un peu désuètes de Tobias Cristiansson et Mika Lagrén prêtent un peu à sourire tout comme ces appels du pied (ou plutôt de la main) vers le public mais dans l’ensemble, rien de gênant. En tout cas, ces quelques détails sont bien vite oubliés face à une setlist à l’ancienne mettant à l’honneur des titres tels que "Deformed", "Black Dawn", "Hating Life", "Extremely Rotten Flesh" ou "Annihilated Gods". Si la calvitie d’Ola commence à se voir avec ses cheveux un peu filasses, le blondinet n’a rien perdu de son énergie, de sa hargne mais aussi de sa sympathie. Il mène la danse avec talent sans trop en faire, introduit chaque morceau avec quelques mots seulement et s’attache à l’essentiel, produire avec ses copains un Death Metal de qualité et offrir au public ce qu’il veut, du Swedeath à l’ancienne et un enchaînement de classiques tous plus redoutables les uns que les autres. Mission accomplie puisqu’en ce qui me concerne, je ne boude pas mon plaisir, comme ce fût d’ailleurs le cas au NDF 2018 où le groupe nous avait également infligé une belle correction. Après environ une heure de show, GRAVE s’en retourne dans les loges non sans prendre le temps de remercier chaleureusement le public du Kill-Town qui lui a réservé un accueil à la hauteur de sa réputation. Certes, GRAVE peut donner le sentiment d’un groupe qui ronronne mais sur un set tel que celui-ci, tourné vers des titres qui ont fait du groupe ce qu’il était il y a 30 ans et ce qu’il est aujourd’hui, il continue néanmoins de se montrer d’une efficacité à toute épreuve. Ils l'ont ainsi parfaitement démontré en ce jeudi soir.

(A)


Sans remettre en cause l’importance et la longévité de la carrière de GRAVE au sein de la scène suédoise, je suis bien obligée de reconnaître que ce groupe m’ennuie terriblement dès lors qu’il se produit sous mes yeux et ce n’est pas faute d’avoir essayé depuis pas loin de trente ans. Cette prestation ne déroge pas à la règle bien que la bande d’Ola Lindgren (dernier membre d’origine) ait puisé dans les tréfonds de leur discographie, Into the Grave en tête, pour un set formaté old-school. Je n’ai pas grand-chose à leur reprocher, ils font le boulot, mais en pilote automatique. Je crains qu’ils ne deviennent les SLAYER du Death Metal à la longue. Ceci étant dit, la majorité du public ne semblait pas partager mon opinion, je suis restée ébahie devant le pit en folie et l’accueil chaleureux qu’ils recevaient, tandis que je piétinais en attendant de m’extirper de la salle. Et puis, ce son, trop fort, bien trop fort... Un coup à se flinguer les tympans.

(E) Après une première journée relativement courte ne nous ayant pourtant offert que peu de répit, celle du vendredi s’annonçait un poil plus chargée avec pas moins de onze groupes et surtout aucune pause à l’horizon... Malgré la menace de quelques averses, c’est sous un ciel encore clément que nous nous rendons à Pumpehuset pour les deux premiers concerts de la journée qui se dérouleront justement à l’extérieur, sur la Byhaven Stage, scène minimaliste à l’esprit boisé plutôt sympathique (rondins, écorce apparente, chandelier...).

(AxGxB)



CHAOTIAN - 14h30-15h30 (Byhaven Stage) :


Le premier groupe à s’y produire est une formation locale du nom de CHAOTIAN a qui l’ont doit deux excellentes démos dont on parlera prochainement lorsqu’elle aura enfin pressé celles-ci en CD. Formé en 2017, CHAOTIAN évolue sous la forme d’un trio dont les membres ne doivent pas avoir plus de vingt-cinq ans. Une preuve supplémentaire que la scène danoise s’est véritablement réveillée ces dernières années jusqu’à en devenir l’une des plus intéressantes. En attendant, l’heure est à la découverte avec ces jeunes garçons qui, en dépit d’une certaine retenue liée à n’en point douter à leur maigre expérience, vont réussir à capter l’attention d’un public plus facilement distrait par le fait que le concert se déroule en extérieur, près du bar, du food-truck 100% végétarien (vraiment très bon) et des nombreuses tables où poser son séant. Il faut dire que son Death Metal particulièrement sombre et exécuté avec talent et beaucoup de conviction ne donne pas envie de se la couler douce. Accoudé à la balustrade qui longe la rampe d’accès aux artistes, je dodeline tranquillement de la tête devant les trois jeunes garçons de CHAOTIAN dont les compositions rappellent dans l’esprit celles de leurs compatriotes d’Hyperdontia, Deiquisitor ou Undergang pour les séquences les plus groovy absolument redoutables. Pendant une petite demi-heure, les Danois vont réussir à convaincre absolument tout le monde, même les enfants de la crèche située juste à côté de la salle et qui, par une fenêtre décalée par rapport à l’axe du bâtiment, assistent eux-aussi à une partie de la scène, notamment ce public dont les têtes s’agitent doucement (nul doute que la musique de CHAOTIAN ait également réussi à passer les murs). En attendant, si les Danois poursuivent sur cette voie, on risque bien d’en entendre parler très prochainement. A suivre de très près.

(A)


Le début de cette deuxième journée marque l’ouverture des concerts en plein air, accessibles à tous dans l’enceinte du complexe. CHAOTIAN est le premier groupe danois du week-end, mais aussi le premier à fouler les planches de la minuscule scène ByHaven. La très jeune relève (avec deux démos assez prometteuses à leur actif) s’en sort franchement pas mal avec un set aussi compact que le rugbrød (pain noir local) et aussi nauséabond qu’un hareng resté au soleil. Avec un peu plus d’assurance et d’expérience engrangée, les successeurs d’UNDERGANG (dont le chétif bassiste porte un t-shirt) ou autre DEIQUISITOR, dont ils semblent s’inspirer, ont une confortable marge de progression devant eux. Un groupe à surveiller de près.

(ERZEWYN)



GHASTLY - 16h00-17h00 (Byhaven Stage) :


Après un petit tour au stand de merch pris d’assaut par tous les amateurs de TOMB MOLD et RITUAL NECROMANCY, l’heure est venue de retourner devant la Byhaven Stage afin d’assister au set des Finlandais de GHASTLY, groupe que j’avais hâte de découvrir sur les planches après un deuxième album particulièrement sympathique, le très bon Death Velour. Handicapé par de petites bourrasques de vent plus prononcées que pour CHAOTIAN, le son ne sera malheureusement pas toujours aussi convaincant. Heureusement, le Death Metal de GHASTLY ne nécessite pas autant de précision dans la mesure où celui-ci est davantage porté sur les atmosphères que sur l’efficacité pure. Ainsi, durant près de quarante minutes, le groupe va piocher dans sa discographie en mettant notamment l’accent sur ce dernier album dont je vous ai déjà parlé ici même. Le groupe va alors entamer son set sur une doublette "Death By Meditation" / "Whispers Through The Aether" idéale pour plonger les spectateurs dans l’univers vaporeux des Finlandais grâce à ces leads hypnotiques, ces séquences mid-tempo éthérées mais également ces accélérations bien senties. La touche finlandaise est absolument évidente mais GHASTLY possède néanmoins sa patte qui lui permet de faire rapidement toute la différence. Le public semble en tout cas adhérer à ce qu’il entend même si le trio n’est pas n’est pas nécessairement très expressif. Une retenue qui permet de se concentrer sur l’essentiel et de se laisser happer par le Death Metal ambiancé de GHASTLY.

(A)


Avec le recul, je me rends à l’évidence : je n’ai pas retenu grand-chose de la performance de GHASTLY, l’attitude était belle, le son satisfaisant. Mais, ni bonne, ni mauvaise, rien ne m’a interpelée, ni rebutée. C’est ce qui s’appelle un commentaire utile...

(E)



DROWNED - 17h00-18h00 (Main Stage) :


Après quelques minutes de repos évidemment bien méritées, on reprend du service cette fois-ci en intérieur et plus précisément du côté de la Main Stage avec le set des Allemands de DROWNED que je n’avais pas revu depuis décembre 2015. A vrai dire, je pourrai reprendre mes trois précédents reports sur le groupe tant rien n’a foncièrement changé. Enfin à un détail près puisque le trio est depuis devenu quatuor avec l’arrivée d’un second guitariste qui ressemble presque trait pour trait à monsieur Tlmnn. Caractérisé par une rigueur tout germanique, le groupe apparaît sur scène comme à son habitude, toujours aussi impeccable, vêtu de chemises et de pantalons noirs. Une sobriété telle qu’on se demande toujours si les Allemands ne se sont pas trompés d’affiche. Un doute cependant bien vite balayé par une prestation toujours aussi redoutable, servie comme à l’accoutumée par un son massif et cristallin renforcé désormais par cette deuxième guitare définitivement bienvenue. Dans l’esprit d’un Necros Christos, DROWNED nous sert un Death Metal basé essentiellement sur du mid-tempo avec, pour varier les plaisirs, quelques accélérations et passages plus soutenus. Dans les deux cas, les Allemands sont toujours aussi irréprochables même si d’un set à l’autre et après presque quatre ans sans les voir, les choses restent sensiblement identiques à ce qu’elles étaient en 2015 jusqu’à cette fameuse reprise de Grotesque ("Ripped From The Cross") toujours aussi musclée servie en guise de conclusion.

(A)


J’ai toujours un petit sourire en coin quand je vois DROWNED sur scène. Entre ce batteur qui semble tout droit sorti d’un groupe de grindcore mexicain, bourrin mais bien plus subtil heureusement, TLMNN, guitariste historique, aux allures de cadre de banque, incarnation du calme olympien, d’un second gratteux dont je découvre l’existence, et G.ST, son charismatique bassiste/chanteur (membre live de THE RUINS OF BEVERAST), doté d’une voix profonde et d’un doigté sans pareil (il joue sans médiator, j’adore ça !), je me dis quelle étrange association ! Et pourtant, quelle osmose, quelle fluidité ! G.ST me donne presque autant de vapeurs que Mors Dalos Ra de NECROS CHRISTOS, formation cousine germaine, dont la parenté musicale est évidente. Voir DROWNED, c’est l’assurance d’assister à un brillant set de Death Metal : ils ne m’ont jamais déçue et ce n’est pas encore pour aujourd’hui. Les Allemands ont offert comme de coutume une prestation d’une rare qualité, racée, brutale et élégante à la fois. La grande classe ! Dommage que le son ait été - encore - un peu trop fort.

(E)



BLACK CURSE - 18h00-19h00 (Black Stage) :


Si le nom de BLACK CURSE ne vous dit pas grand-chose, sachez qu’il n‘y a rien d’étonnant à cela puisque le groupe vient tout juste de sortir sa première démo. Une cassette trois titres servant de mise en bouche à un album annoncé pour les prochaines semaines via Sepulchral Voice Records. D’ailleurs les Américains étaient absents de Metal Archives il y a encore quelques jours. C’est dire s’il fallait être bien informé pour savoir de quoi il s’agissait exactement. Formé en 2015 à Denver, Colorado, BLACK CURSE est en fait un projet dans lequel on retrouve notamment Eli Wendler de Spectral Voice et Morris Kolontyrsky de Blood Incantation accompagnés également par Jonathan Campos de Primitive Man et Zach Coleman de Khemmis. Un line-up de choix pour un premier set européen qui va malheureusement mal commencer. Ici au chant et à la guitare, Eli Wendler va vite se retrouver emmerdé par quelques soucis techniques (dont j’aurai d’ailleurs l’explication complète après coup). Après avoir cassé deux cordes de sa Gibson SG, le voilà qu’il se retrouve coincé avec son pied de micro. Agacé par la situation, il finit par quitter la scène en plein morceau, laissant alors ses camarades dans l’embarras (les petits coups d’œil fugaces de Kolontyrsky à ses compères restés présents) même si ces derniers tentent bien évidemment de faire bonne figure devant un parterre qui, n’ayant probablement pas tout suivi (comme moi), se demande finalement si monsieur Wendler ne se la joue pas un poil rock-star. Le rouquin fera son retour sur le morceau suivant, reprenant ainsi les rênes de BLACK CURSE et de cette prestation pour le moins chaotique. Heureusement, l’incident sera bien vite oublié déjà par que monsieur Wendler, loin d’être le personnage agaçant qu’il semblait être, va mettre énormément de cœur à l’ouvrage. Littéralement possédé, il insuffle au Death Metal de BLACK CURSE une espèce de folie soulignée très justement par l’urgence de cette musique particulièrement intense qui, dans l’esprit, n’est pas sans rappeler la formule d’un certain Vorum ou Concrete Winds. On y trouve ici cependant davantage de séquences mid-tempo poisseuses et angoissantes qui rendent la prestation très intéressante. Bref, les choses avaient bien mal commencé mais BLACK CURSE ne s’est pas laissé démonter et nous a finalement livré une prestation particulièrement sauvage, exécutée avec les tripes.

(A)


Rien ou presque n’avait filtré au sujet de BLACK CURSE, mystérieuse formation américaine, dont c’est la toute première performance sur scène, à l’exception d’un titre Charnel Rift, dévoilé quelques jours avant le festival, et dont Thrashocore avait partagé la diffusion. On y retrouve des membres de BLOOD INCANTATION et de SPECTRAL VOICE, infatigables acteurs de la scène, notamment Eli Wendler, le visage déformé par la hargne qui l’anime sur scène - quitte à provoquer une soudaine interruption en brutalisant le matériel - et tout sourire une fois les amplis éteints, cette fois dans un registre Blackened/Death un peu moins subtil, mais tout aussi redoutable. J’ai particulièrement accroché sur le dernier titre, au riff répété inlassablement. Un set barbare, crasseux, bestial, parfait, quoi ! Hâte de découvrir l’intégralité de l’album, dont la sortie est prévue d’ici la fin de l’année chez Sepulchral Voice Records.

(E)



TRANSGRESSOR - 19h00-20h00 (Main Stage) :


Premier des quatre groupes japonais présents à l’affiche de cette édition 2019, j’attendais avec impatience de voir sur scène les tokyoïtes de TRANSGRESSOR récemment de retour en activité. Formé notamment autour du batteur/chanteur d’Anatomia/Wormridden, monsieur Takashi Tanaka, on trouve également dans le groupe des membres et anciens membres de Sabbat, Barbatos, Abigail et Anatomia. De quoi apporter un brin d’exotisme à cette deuxième journée essentiellement tournée vers l’Europe et l’Amérique du nord. Cependant, force est de reconnaître que je ne vais pas être autant emballé que je pensais l’être. Rien à voir avec la qualité du son qui est ici au rendez-vous ni même avec l’interprétation puisqu’en plus d’être toujours aussi sympathiques, les Japonais savent clairement ce qu’ils font mais ce sont plutôt cet espèce de faux rythme, ni rapide ni lent, ainsi que toutes ces bizarreries auditives typiquement japonaises (que je n’ai pas la sensation d’entendre sur le seul et unique album du groupe) qui vont me faire petit à petit lâcher prise. Car même s’il est cool de pouvoir entendre des morceaux du très bon Ether For Scapegoat, je vais finalement me retrouver gêné par une cadence finalement un peu trop ronflante pour réussir à me captiver complètement et une série de plans étranges qui, à mon sens, ne vont faire que desservir la musique du groupe. Bref, un set pas foncièrement mauvais mais quelque peu déroutant qui ne réussira pas tout a fait à répondre à mes attentes.

(A)


Peu au fait de la scène japonaise, j’avoue avoir découvert l’existence de TRANSGRESSOR lors de la révélation de l’affiche du KTDF. Les écoutes préalables de Ether for Scapegoat ne m’avaient pas vraiment emballée. Curieuse malgré tout, d’autant qu’il s’agit d’une autre exclusivité, j’ai regardé de loin pendant une petite moitié de set la bande à Takashi Tanaka : c’était mieux que ce à quoi je m’attendais, mais ce n’est vraiment pas ma came ; de surcroît, l’appel du ventre a été plus impérieux que l’envie de poursuivre.

(E)



MALTHUSIAN - 20h00-21h00 (Black Stage) :


Comme DROWNED, je n’avais pas revu les Irlandais de MALTHUSIAN depuis 2015 et leur passage à Paris lors de la deuxième édition du Wolf Throne Festival. Le groupe a depuis parcouru pas mal de chemin puisqu’en plus d’un EP paru dans la foulée de sa prestation parisienne, le groupe a sorti l’année dernière son tout premier album via le label Invictus Productions. Je trouve une place dans les escaliers de la Black Stage afin d’assister assis à ce set le cul posé. Et oui, j’approche de la quarantaine et il commence à être compliqué d’enchaîner autant de prestations sans pouvoir se poser ne serait-ce que quelques minutes. Bref, le groupe ne va pas faillir à sa réputation, mettant rapidement tout le monde d’accord (et notamment le gars préposé aux lights qui se souviendra de l'injonction de Matt Bree) sur sa capacité à écraser son auditoire grâce à ce Death Metal rappelant autant celui de Mitochondrion que celui d’autres groupes tels qu’Antediluvian ou Abyssal. Aidé par un son particulièrement costaud manquant tout de même un peu de précision dans les guitares, le groupe va délivrer un set particulièrement massif laissant bien peu de répit à nous autres pauvres victimes pour tenter de reprendre notre souffle. MALTHUSIAN perdra néanmoins quelque peu en intensité à mesure que le set touchera à sa fin, notamment à cause de ce dernier titre un poil longuet (surtout en live) qui tend quelque peu à s’éterniser. Rien de bien dramatique puisque la conclusion de tout ça c’est qu’il serait quand même temps d’aborder dans ces pages la discographie de ce groupe irlandais qui n’a rien à envier à d’autres groupes évoluant dans un registre identique.

(A)


Pas content, non, pas content du tout d’avoir des lights rouges... Matt (guitare/chant) s’énerve un peu une fois Wraith///Plague Spore terminée, il veut du bleu, vous avez compris, du bleu ! Faut pas les contrarier les mecs de MALTHUSIAN, hein ! Hirsutes de cheveux et de barbes, les Irlandais ont dispensé une leçon de Black/Death obscur, malsain, chaotique et primitif, dont il est difficile de s’extirper tant il vous colle à la peau... si tant est que l’on rentre bien dedans, la durée des compositions, notamment celle de l’album Across Deaths, pouvant en rebuter ou lasser certains. Pour ma part, c’est toujours avec grand plaisir que je les voie. Ceci dit, quel dommage qu’ils n’aient pas joué The Mother's Blade...

(E)



RITUAL NECROMANCY - 21h00-22h00 (Main Stage) :


Pas le temps d’niaiser qu’il faut déjà prendre le chemin de la Main Stage pour assister au retour des Américains de RITUAL NECROMANCY au Kill-Town Death Fest. Fort d’un deuxième album particulièrement savoureux, j’étais naturellement impatient de les revoir sur scène. Surtout que s’il n’y a pas eu de grands bouleversements du côté de RITUAL NECROMANCY, le groupe a quand même fait de sérieux progrès en terme de composition avec un Disinterred Horror surpassant de loin son prédécesseur. Malheureusement, le son sur la Main Stage ne sera pas à la hauteur de mes attentes. Dommage surtout lorsque depuis le début du festival, je n’ai rien eu à reprocher à la qualité du son sur la Main Stage (tout juste quelques gênes sur la Black Stage avec bien souvent une batterie trop en avant où des guitares manquant un peu de précision)... Le souci c’est qu’avec ce type de Death Metal ultra caverneux peu avare en accélérations, l’ensemble peut vite devenir brouillon, pour ne pas dire incompréhensible. Alors on était bien loin de la catastrophe mais je plains néanmoins ceux qui escomptaient découvrir le groupe sur scène ici à Copenhague tant il fallait avoir les oreilles affûtées pour discerner un tant soit peu de ces riffs putrides et occultes. En tout cas, Justin Friday derrière sa basse et son micro en impose. Son growl d’une profondeur ridicule force au respect alors que les riffs sombres, largement inspirés par Incantation, de titres comme "To Raise The Writhing Shadows", "Fruiting Bodies" ou "Command The Sigil" me donnent personnellement envie de tout démolir. Bref, encore une fois, dommage que le son n’ait pas été cette fois-ci à la hauteur car le soufflet se serait sûrement transformé en grosse mandale.

(A)


Belle déception avec RITUAL NECROMANCY dont je n’ai absolument rien compris pendant une bonne demie heure. Le son est horriblement fort et dégueulassement brouillon. Dépitée, je m’éclipse pour assouvir une envie pressante puis reviens alors que le set se termine déjà (au bout de quarante petites minutes) mais avec un rendu bien plus écoutable... me voilà rassurée, mais frustrée. Ma chance légendaire.

(E)



MORTUOUS - 22h00-23h00 (Black Stage) :


Si sur album la musique des Américains de MORTUOUS peut ne pas convaincre par son aspect peut-être trop "facile" pour ne pas dire générique, difficile par contre de résister à leur formule sur scène. Aidé par un son particulièrement massif et l’arrivée d’un second guitariste épaulant les Californiens sur les planches depuis cette année, le groupe mené par Mike Beams (ex-Exhumed) va complètement faire péter les plombs au public du Kill-Town, ce dernier s’agitant alors dans tous les sens quitte à bien me taper sur le système. Ouais parce que prendre deux verres de bière sur la tronche en moins de 10min, ce n’est pas le genre de truc qui me fait vraiment marrer. Mention "gros golmon" à cette championne arrivée au cœur de l’action le gobelet à la main et qui, l’air de rien, imaginait que tout se passerait comme sur des roulettes… Sache que je te déteste de tout mon être ! Les premiers slammers feront également leur entrée en piste alors que sur scène Mike Beams, Chad Gailey (qui tape d’ailleurs comme un sourd) et leurs copains ne cachent pas leur plaisir. Sans surprise, MORTUOUS enchaîne les titres de son premier album ("Beyond Flesh", "Through Wilderness", "Subjugation Of Will"...) auxquels se mêlent également celui de leur split en compagnie de Scolex ainsi que d’autres plus anciens tirés notamment de leur démo de 2012. Bref, MORTUOUS sait tout à fait comment s’y prendre pour chauffer son public à blanc, faisant ainsi régner le chaos devant la scène en grande partie grâce à ces accélérations ultra efficaces, ces riffs à se briser les cervicales et ces ralentissements au groove redoutable. Une recette simple comme "bonjour" mais extrêmement persuasive qui va sans appel mettre d’accord absolument toutes les personnes présentes dans la salle à ce moment-là.

(A)


Ralalala... Je sais pourquoi j’adore venir ici ! Avoir ce genre de surprises et de plaisir avec les seconds couteaux de la scène, comme l’an dernier avec TORTURE RACK. Cette année, le set inattendu mais qui déboîte, c’est MORTUOUS qui me l’offre sur un plateau avec son Death Metal des familles, sans prétention, qui ne révolutionne rien avec du gros riff qui tâche, mais tellement bien ficelé et interprété avec une telle pugnacité, que c’est terriblement efficace ! Les Américains, Chad Gailey (VASTUM, NECROT, SCOLEX) en tête, ne ménagent pas leurs efforts, finissent trempés de sueur mais le sourire aux lèvres tant ils ont pris leur pied et nous avec ! Aucune pitié, les bonshommes ! Les Américains signent un premier passage en Europe très réussi, la salle ne désemplit pas. Mon coup de cœur du jour ! M’est avis que Through Wilderness va souvent revenir dans mes oreilles.

(E)



TOMB MOLD - 23h00-00h00 (Main Stage) :


S’il y a un groupe que j’attendais enfin de pouvoir découvrir sur les planches, c’est bien TOMB MOLD qui en l’espace de quatre ans et trois albums s’est rapidement imposé comme l’une des formations les plus intéressantes de la scène Death Metal actuelle. Forcément, il y a foule sur la Main Stage pour assister à cet événement puisque pour rappel, il s’agit de la première date en Europe pour les Canadiens qui évoluent désormais sous la forme d’un quatuor. Ces derniers investissent les lieux en occupant naturellement la scène sur toute sa largueur afin de pallier au fait que le chanteur de TOMB MOLD soit coincé derrière son kit de batterie. Payson Power et Steve Musgrave étant relativement discrets, les regards vont naturellement se porter sur Derrick Vella bien plus enclin à s’agiter que ses deux autres compères. Aidé par un son particulièrement bon pour ne pas dire bluffant, le groupe va très vite mettre le public dans sa poche grâce à une setlist particulièrement judicieuse faisant la part belle aux deux derniers albums du groupe. TOMB MOLD attaque ainsi sa prestation tant attendue sur l’excellent "Infinite Ressurection" avec notamment ses attaques frontales, ses riffs nerveux et ce solo mélodique à vous filer des frissons puis enchaîne dans la foulée avec un "Planetary Clairvoyance (They Grow Inside Pt 2)" sauvage auxquels se succéderont ensuite les redoutables "Abysswalker" et "Accelerative Phenomenae" avec leur groove et leurs leads absolument démoniaques. D'autres morceaux seront également exécutés comme "Blood Mirror", "Cerulean Salvation" ou bien encore "Vehement Indulgences" tiré de la deuxième démo du groupe sortie à l’automne 2016. Personnellement, je prends un pied pas possible et évidemment je ne suis pas le seul à en juger par toutes les têtes et les corps qui s’agitent avec vigueur autour de moi. Si le groupe n’est pas très bavard, limitant ses speechs à l’introduction des morceaux à venir, il occupe généralement l’espace entre chaque titre grâce à ces samples grouillants empruntés à Manor Of Infinite Forms et Planetary Clairvoyance, recréant ainsi sur scène les mêmes atmosphères que sur album. Après quarante-cinq minutes d’un set qui restera parmi les meilleurs du week-end, le groupe tire sa révérence en prenant soin de remercier le public. Un public qui n’en attendait pas davantage et qui quittera la Main Stage assurément ravi de cette première rencontre. TOMB MOLD n’a en tout cas pas volé son statut. Quelle classe !

(A)


La nouvelle coqueluche du Death Metal ne vole pas son statut. La productivité des Canadiens de TOMB MOLD avec trois albums en trois ans entre 2017 et 2019 égalerait presque celle d'un certain chroniqueur de Thrashocore présent dans la salle (j’ai bien dit presque). Le plus indécent reste quand même la qualité de chacune de leur galette, bien que j'avoue un petit faible pour Manor of Infinite Forms. Pour leur première venue en Europe, le public s'est donc réuni en masse devant la Mainstage pour découvrir Derrick Vella, guitariste à la frêle silhouette s'agitant frénétiquement dans tous les sens, partageant le devant de la scène avec deux colosses bien plus statiques, et Max Klebanoff, ce batteur/growleur (l'exercice n'est quand même pas le plus aisé qui soit, surtout dans le domaine qui nous occupe) qui ont déroulé avec brio un florilège de leur impressionnante discographie malgré leur courte carrière, avec une succession de riffs plus accrocheurs les uns que les autres, des idées qui fusent de partout, une fraîcheur ravigotante, un groove irrésistible. Tudieu que ça fait du bien !

(E)



NECROVATION - 00h00-01h00 (Black Stage) :


Si j’attendais beaucoup de voir TOMB MOLD, NECROVATION figurait néanmoins lui aussi tout en haut de ma liste. Si vous étiez là en 2008 à la sortie de Breed Deadness Blood, vous comprendrez aisément mon enthousiasme tant cet album figure parmi les meilleures sorties du genre en compagnie des premiers jets balancés par Repugnant et Verminous. C’est donc sur la Black Stage qu’avaient lieu les retrouvailles avec les Suédois qui n’avaient plus mis les pieds sur scène depuis presque cinq ans... Une éternité pour un groupe effectivement très discret depuis la sortie de son deuxième album en 2012. Pour épauler le trio dans cette reconquête scénique, NECROVATION a fait appel à Gabriel Forslund, guitariste des excellents Antichrist qui ne va pas manquer de s’agacer dès le premier morceau suite à des problèmes de retours dans son moniteur. Si le bonhomme est effectivement dans son droit (malgré une manière de le signifier un peu rude), signalons tout de même que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité dans la mesure où ce dernier nous offre un son de guitare particulièrement rachitique digne des sorties Black Metal les plus obscures. Dommage car je suis certain que la prestation des Suédois aurait eu davantage d’impact. En attendant, je ne boude pas mon plaisir alors que Sebastian Gadd en maître de cérémonie à l’humour pince sans rire, prend son temps pour introduire chaque composition. La setlist, variée, alternera les morceaux plus agressifs des débuts (notamment les redoutables "Breed Deadness Blood", "Dark Reverie" et "Recessed In Frailty" avec leurs accélérations et autres breaks à se dévisser la tête) à ceux légèrement plus progressifs du deuxième album. Aussi, même si l’intensité tend à diminuer quelque peu lors de ces morceaux les plus récents, l’énergie déployée par les quatre musiciens reste la même. NECROVATION va également se fendre d’un nouveau morceau vraisemblablement composé il y a déjà quelques années. Ce qui ne serait pas déconnant dans la mesure où celui-ci renoue avec cette sauvagerie propre à leur premier album. Proche du sans faute, la prestation de NECROVATION aura néanmoins été légèrement handicapée par un son de guitare manquant cruellement de puissance. Heureusement, cette absence aura été compensée par un setlist relativement impeccable et une application sans faille laissant émaner cette intensité et cette urgence qui caractérise le Death Metal des Suédois. En espérant maintenant que cela soit le signe d’un retour aux affaires plus concret.

(A)


La foule compacte peine à redescendre après la fessée TOMB MOLD pour rejoindre la Black Stage et NECROVATION. Je reste coincée en haut des marches et assiste au début du concert émaillé de problèmes de son, heureusement rapidement réglés. N’y tenant plus, je m’assois (erreur fatale !) et apprécie les quinze premières minutes bien badass du set des Suédois. Mais c’était sans compter sur la bonne copine un peu collante que chacun se trimballe en festival, la fatigue : elle me tombe dessus violemment et je m’endors la tête sur les genoux. Putain, c’est la première fois que ça m’arrive, c’te honte, ce fail…

(E)



FUNEBRARUM - 01h00-02h00 (Main Stage) :


Dernier groupe à l’affiche et pas des moindres puisque ce sont les Américains de FUNEBRARUM qui ont la responsabilité de clôturer cette deuxième journée marathon. Le groupe dont le line-up a été quelque peu renouvelé avec l’arrivée de Phil Tougas (Chthe'ilist, Cosmic Atrophy, Equipoise, Eternity's End...) dans les rangs il y a déjà deux ans, ne va pas faire les choses à moitié en offrant au public du Kill-Town Death Fest un set d’une heure. De quoi littéralement m’achever après avoir dansé sur mes deux pieds toute la journée afin de tenter de soulager un mal de dos persistant (l’inconvénient d’une affiche ne me permettant pas de se poser une seule seconde). Bref, je suis vieux mais je sais encore apprécier un bon concert lorsque j’en vois un. Seul rescapé de la première heure, le père Kahan mène la danse tel un vieux loup de mer, profitant de chaque occasion pour aller serrer la pince aux agités des premiers rangs qui se bousculent pour saisir l’occasion d’une poignée de main évidemment bien virile. Les petits jeunes qui l’accompagnent (bah ouais, tous les quatre sont nés dans les années 90, je ne vous dis pas le coup de vieux) connaissent leur taf sur le bout des doigts puisqu’entre Phil Tougas et Charlie Koryn (Ascended Dead, Extraneous, Necrosic, Thanamagus...) ont tient là deux excellents musiciens dont le talent n’est plus à prouver. Du coup, ça joue et ça joue même très bien alors que Daryl Kahan growle à en faire trembler les murs. Passant en revue la quasi-totalité de sa discographie, le groupe va enchaîner des titres comme "Dormant Hallucination", "Draped In Silence", "Incineration Of Mortal Flesh", "Into Dark Domains" ou "Depths Of Misery" et malgré l’heure tardive, le public ne s’y trompe pas, laissant ainsi place devant la scène à une fosse particulièrement agitée. C’est d’ailleurs dans ce chaos de chair, de sueur et de bière que va émerger le running gag du week-end, une finlandaise aux épaules de camionneur qui fera tomber le haut pour, dans un premier temps, aller s’exhiber fièrement sur scène aux côté d’un Daryl Kahan qui visiblement n’en demandait pas tant puis, dans un second temps, aller jouer coude à coude avec les mâles de l’assistance présents dans la fosse. Un spectacle qui aurait très certainement rendu fiers ses parents s’ils avaient été présents... Allez rideau, je suis claqué et demain s’annonce tout aussi chargé qu'aujourd'hui...

(A)


J’émerge péniblement pour rejoindre FUNEBRARUM à l’étage, je traîne des pieds car deux tentatives live se sont soldées, pour ma part, par deux déceptions. Déception, car j’aime beaucoup The Sleep of Morbid Dreams, mais sur scène, je m’ennuie rapidement et ai toujours fait un gros blocage sur Daryl Kahan, dont l’attitude me rebute inexplicablement. Cette fois, il nous épargne quand même ses relances incessantes pour acheter son merch, c’est déjà pas mal ! Je braque mon regard sur l’imperturbable machine Charlie Koryn derrière ses fûts et le virevoltant Phil Tougas à la guitare et apprécie davantage que par le passé. Force est de reconnaître que leur set fut une démonstration de brutalité et d’efficacité. Cette fin de journée marque un rabibochage entre FUNEBRARUM et moi... et le début des performances de la stricker du week-end, parvenant à s’exhiber seins nus sur scène avant de sauter dans la fosse, pour le plus grand plaisir des gars qui se chargent volontiers (comme c’est bizarre) de la réceptionner. " By AxGxB+ERZEWYN Originally written for thrashocore.com





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